“L’alphabet maya des temps modernes” Section #Culture–Courrier international–no 1166 du 7-13 mars 2013 #NewMayaLanguage

Copan, Design, El Salvador, Frida Larios, Graphic Design, Language, New Maya Language, Paris, Sustainable Design

“Communiquer aujourd’hui en recyclant les pictogrammes précolombiens : c’est le projet ambitieux dans lequel s’est lancée la graphiste salvadorienne Frida Larios.” CourierInternational.com

Courrier International Spread 1

L’artiste salvadorienne Frida Larios s’est lancée dans un projet ambitieux : revisiter les hiéroglyphes précolombiens pour leur insuffler une nouvelle signification.

Poussée par le désir de s’extraire du quotidien, et lassée du minimalisme qui envahissait Londres [où elle était installée], la designer salvadorienne Frida Larios s’est lancée dans l’élaboration d’un “nouveau langage maya”. Elle a conçu un système visuel et conceptuel inspiré du système d’écriture précolombien. Pour cela, elle a redessiné les symboles ancestraux pour les adapter à la vie moderne, en remplaçant un élément du signifié par un autre, identifiable par nos contemporains.
Pour démarrer son projet [qui visait à l’origine à composer une nouvelle signalétique pour des sites archéologiques précolombiens], elle s’est entourée d’anthropologues et de chercheurs. Un lieu l’a beaucoup inspirée : l’Hacienda San Lucas, dans la ville de Copán [dans l’ouest du Honduras], située sur les ruines de la grande cité précolombienne de Copán. Sur place, s’enthousiasme-t-elle, flotte encore la présence sensible de Yax Kuk Mo, le premier roi de Copán [Ve siècle].
Ce travail a abouti à un premier livre, intitulé Nuevo lenguaje maya [“nouveau langage maya”, inédit en français]. Frida Larios y retrace l’histoire du site archéologique de Joya de Cerén, situé au Salvador. L’ouvrage passe également en revue toute une série d’articles textiles, de bijoux, de jouets éducatifs et de logos de marque que la designer a créés en s’inspirant des pictogrammes mayas. Les dix années qu’elle a passé hors du Salvador ne l’empêchent pas d’avoir une opinion bien arrêtée sur la façon dont le pays gère son héritage culturel.

Comment est-ce possible, alors que l’on réside à Londres, de se prendre d’intérêt pour la civilisation maya ?
C’est vrai, la culture précolombienne est la dernière chose à laquelle on pense quand on est à Londres. Mais la capitale britannique compose un environnement si avant-gardiste, si prompt à casser les codes, ancré dans une tradition artistique si particulière… C’est ce qui m’a donné envie de défis. En 2004, quand j’ai pris la décision de me consacrer aux hiéroglyphes, j’en avais assez du minimalisme ambiant. D’où ma décision de travailler sur les formes mayas, qui sont naturelles, organiques, riches de symbolisme – tout ce qui me fascine dans l’art précolombien.

Vous dites n’être experte ni en hiéroglyphes ni en anthropologie. Sur qui avez-vous pu compter pour vous imprégner du côté mystique de ce langage symbolique ?
C’est ma passion. J’avais déjà cette préoccupation quand j’ai fondé mon agence de design graphique il y a dix ans, ici au Salvador. J’avais un style inspiré du folklore, qui a par la suite fait école. Il est arrivé un moment où j’ai décidé d’arrêter le design pour me consacrer entièrement à mon “nouveau langage maya”. Je sens que je pourrais aller plus loin encore, dans une certaine mesure, être plus moderne. Mais, en même temps, la composante pédagogique du projet me contraint à une certaine clarté et concision.

Quels sont vos projets pour la suite ?
Dans mon livre, je présente déjà quelques transpositions de hiéroglyphes mayas à des fins commerciales. Je travaille aussi à un second volume, qui sera consacré aux dieux du monde souterrain. Mais franchement il y a des millions de sources d’inspiration possibles. Pour le volume en chantier, je n’ai pu étudier que les vases, je ne suis donc pas partie de hiéroglyphes classiques. Par
exemple, les chauves-souris y sont représentées de diverses façons, mais avec des traits récurrents, comme les taches du jaguar.

Vous dites n’être experte ni en hiéroglyphes ni en anthropologie. Sur qui avez-vous pu compter pour vous imprégner du côté mystique de ce langage symbolique ?
J’ai rencontré plusieurs chercheurs du British Museum qui travaillent sur le sujet. J’ai également suivi un cours avec Timothy Laughton, professeur à l’université de l’Essex, en Angleterre, qui m’a aussi conseillée pour mon projet. Par ailleurs, vivre à Copán m’a été très utile, parce que c’est le lieu de travail de nombreux chercheurs et anthropologues. Pouvoir parler avec eux a été très enrichissant, pour moi qui viens du monde des arts et du design.

Pourquoi vous êtes-vous d’abord intéressée au site Joya de Cerén ?
Tout d’abord, parce que le site se trouve au Salvador et que des gens ordinaires vivaient là. Il ne s’agissait pas de grands temples où avaient lieu les rituels officiels. Ce site donne à voir des aspects de la vie quotidienne, auxquels M. et Mme Tout-le- Monde peuvent plus facilement s’identifier.

Cette trame narrative aide à la compréhension du site. Comment avez-vous procédé pour
élaborer votre “nouveau langage maya”?
J’ai commencé par établir un classement des hiéroglyphes. Je les ai redessinés et vectorisés, mais sans leur donner de couleurs. Cela m’a servi de point d’entrée dans la pensée maya, pour initier un processus d’empathie avec l’artiste. Ensuite, des impératifs de la communication se sont imposés,
car il s’agissait de dessiner des logos. Il était impensable pour moi d’utiliser à ce moment une signalétique universelle. Les idées me sont venues naturellement, de la volonté de faire revivre l’Histoire à travers la signalétique locale. Par exemple, dans leur langage, le hiéroglyphe d’un volcan
en éruption n’existait pas, mais il y avait des sous-hiéroglyphes pour le composer. Je m’en suis servi pour créer de nouvelles combinaisons, de nouvelles compositions, et leur donner un sens plus fort.

Que voulez-vous dire par “empathie de l’artiste” ?
C’est ce que j’appelle l’oeil du créateur, il voit plus loin qu’un individu lambda. Dans ce cas précis, il s’agissait de percevoir les intentions des artistes mayas, mais à la lumière de recherches épigraphiques réalisées en amont. Il y a des signes qui ressemblent à quelque chose mais en désignent une autre : par exemple, ce hiéroglyphe qui montre un enfant à la tête fendue, aux airs
de petit homme, désigne en fait la naissance du maïs… Tout est comme ça chez les Mayas : tout est dans la mythologie, dans la métaphore, dans la sémantique. Et c’est pour cela qu’avoir vécu à Copán m’a aidée. C’est comme si les Mayas habitaient toujours le lieu. On a le sentiment que Yax Kuk Mo, le premier roi de Copán, continue de régner en maître. Des lecteurs ont pleuré en découvrant mon livre : pour eux, c’est comme s’il ouvrait une fenêtre sur quelque chose qu’ils ne comprenaient pas.

A quoi attribuez-vous le peu d’empressement de l’Etat salvadorien à diffuser l’histoire culturelle du pays ?
Il n’existe aucune volonté en ce sens. Prenons l’exemple du système d’écriture des Mayas. Ils ont fonctionné pendant cinq cents ans avec un mode de communication commun à toute la Méso-Amérique. Aujourd’hui, pour défendre ce patrimoine, il faudrait que tous les ministères de la
Culture concernés par cette région décident de coordonner leurs efforts.

—María Luz Nóchez

Repéres Frida Bio

ACAS-UniversityCollegeLondon-low-01

The Anglo Central American Society invites you to a lecture about the Mayan Predictions: Maya: End of Days?

When? Wednesday, 24 October 2012 at 6pm

Where? Denys Holland Lecture Theatre, UCL Faculty of Laws, Bentham House, Endsleigh Gardens, WC1H 0EG London

Who? Lectures by Elizabeth Graham, PhD; Elizabeth Baquedano, PhD and Francisco Diego, PhD

NEW MAYA LANGUAGE sustainable jewellery pieces, book and toy exhibition by Frida Larios.

Members – £5
Non-members – £10
UCL students – Free

With many thanks to ACAS [through its Chairman, Judith Pollard, and Vice-chairman, Edith Ball] for supporting the New Maya Language cultural and sustainable message.

www.anglocasociety.org.uk

Art, Copan, Frida Larios, Jewellery Design, Language, London, New Maya Language, Sustainable Design

This entry was posted in DESIGN by A Theron.

Excerpt from Today we would be kings: Frida Larios’ New Maya Language By Frida Larios in DESIGN>MAGAZINE No. 19.

My journey to revive the visual language of the ancient Maya started in 2004 when I was studying towards a masters in Communication Design at Central Saint Martins College of Art & Design in London, located only two blocks away from the British Museum which holds some of the most important lintels in the Maya world. I was the first Salvadoran woman to study at Saint Martins. How could I not look for my own roots within an institution, and city, with marked avant-garde tendencies? It was my opportunity to show my peers and now the world how the Maya are one of the founding six pillars of the civilised world, inventors of the notion of zero and of one of the most accurate calendars in history. There is also a lack of recognition of their intelligent and advanced hieroglyphic language’s art form, within Mesoamerica (modern Mexico, Guatemala, Belize, Honduras and El Salvador) itself, and beyond its boundaries. Now, as an ambassador for INDIGO (Icograda’s International Indigenous Design Network), it is my privilege to promote part of this ancient culture through my design work.

My New Maya Language is a unique system, in content and style, which rescues the ‘dead’ written language created by the Maya across Mesoamerica as far back as 300 BC. My vision for the New Maya Language is to recreate, re-compose and develop contemporary applications in different media: art, product and fashion design, brand identities, information design, wayfinding and education systems for archaeological sites and public spaces, as well as children’s toys. Through these diverse applications I aspire to promote iconographic meanings, education and play, whether it is by instigating conceptual thinking through a 0–12 year-old child’s game, T-shirts or simply by creating appreciation through my artworks, which to-date have been acquired by collectors around the world. Antonio Avia, Indigenous Education Director for the Organisation of Iberoamerican States had this to say about my artworks: “… your work presents another form of seeing, understanding, recreating, and above all, employing again in daily life, millenary means of expression. I am fascinated by this new vision of the glyphs.”

Continue reading this article in DESIGN>MAGAZINE No. 19.

The book I wrote, illustrated and designed the 120-page New Maya Language book so that people could learn about the original language of the Maya in a simple and practical way and to decode my new interpretation to others. The main chapter provides the formula for each of my pictograms, original hieroglyphs on the left page and the new hieroglyphs or result on the right. Finally I showcase various design applications.

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Fashion design, Frida Larios, London

“Today we would be kings: Frida Larios’ New Maya Language”

Fashion design, Frida Larios, London, San Francisco, South Africa

This is an extract and published spreads’ gallery of lead article in DESIGN MAGAZINE No. 19.

I tried to preserve the ancestral artists’ spirit at the time of creation, highlighting, and not merely reproducing their strokes. Aptly, renowned Harvard Peabody Museum’s epigrapher Alexandre Tokovinine describes my work with these words:

“Even though there has been a growing body of scholarly works devoted to the subject of Maya calligraphy, few artists systematically sought their inspiration in Maya letters beyond mere reproduction of certain glyphs and glyphic patterns, usually in the context of contemporary indigenous art.  Frida’s project stands apart as an attempt to explore and reinvent Maya calligraphy as a symbolic and aesthetic system from an artist’s viewpoint.  The New Maya Language creates its own world that blends Maya imagery and symbolism with Frida’s unique vision in a series of artworks which would make an ancient calligrapher proud.”

To read full article click here.

DIAGRAMS by Rotovision publication

Frida Larios, London

This book curated and written by Carolyn Knight and Jessica Glaser published by Rotovision, United Kingdom, gathers information graphic designs from around the world.  They included a double-page spread case study of my New Maya Hieroglyphs Archaeological Site masters thesis project I presented at Central Saint Martins College of Art & Design, University of the Arts London in 2005.   This thesis work was the basis for New Maya Language: the 120-page book, fine art, and applications.

As part of her research for the project, Larios investigated how the Maya scriptures could be adapted for contemporary use. The result of her research is a graphic system that she has named New Maya Language. It involves a redesign of certain Mayan ideographs that communicate concepts and even sentences, Larios’ diagrams explain how these symbols can be interpreted and combined, for example, by bringing the words stone and fire together to mean “lava stone.”

The book has an outstanding collection of works. I am also sharing with you one of my favourites, which are a set of cards for the Goethe-Institut and DAAD London that teach German to English speakers through football.  The most loved sport in the world also speaks a universal language, doesn’t it?

Frida in Scandinavia and Europe

Frida Larios, London, Madrid, Paris

Have started my European tour with a leg in Helsinki.

You are wondering what am I doing here?! The answer is–-presenting some New Maya Language surface designs. Will be here in Helsinki until Thursday the 18th. On Thursday I am off to Paris to see some fashion designers, and meeting-up with my dear friend Ana María Echeverria and Sali Sasaki, INDIGO Ambassador. On Sunday 21st November Madrid awaits with its Iberoamerican Design Biennale 2010 where my Green Child puzzle will be exhibited. Finishing in London from Thursday the 25th to Sunday the 28th to see Gaby my sister, my brother-in-law, niece and some clients.

So there you go, have published my itinerary so that my friends and family know where I am!

Next I will be sharing some first pictures and short descriptions.

Copan-Helsinki

From the Tropics to the Nordics

Photography contribution by Tyler Orsburn and Rosa Meléndez©

Graphic Birdwatching

Frida Larios, London
GraphicBirdwatching.com

GraphicBirdwatching.com

As commented on eye magazine’s blog:

I am happy to be the first woman to congratulate Valeria, Joana, and Catherine, specially, & co. for this initiative. Led by fellow leading MA (CSM – Central Saint Martins) ladies I am not amased to see the project go from strength to strength – certain that this is only the start.

In my case, coming from a developing Central American region and being a woman have been both a little bit of a challenge indeed. Graphic design practice is not as readily recognised as in developed countries, even though I know there are still complaints about no recognition “up” there, believe me there is still a huge difference. Serious graphic design communication, dialogue and promotion only happens in the northern hemispheres so access to this channels is harder when a woman is born, raised and based in the tropics. Being a woman is just the “icing on the cake”, specially when you want to deal with clients who are used to dealing business affairs with their same sex i.e. other males. It’s like you start out with the left foot on the door, not all the time but many times.

Having lived in London and now living in Honduras has put me back in touch with the power of women, specially the ones living in poverty, as the “men” in their house-holds. They are the ones who care for children and who use their talents and potential to bring food to the table of sometimes, more then ten children, while men drink and continue to have children outside their home. This sounds like a cliché – an unfortunate real cliché.

The fabulous thing is that Graphic Birdwatching has allowed women with my profile to share women-only led initiatives and works that would probably be lost in the normal male / female environment. Eye (the prestigious British magazine) recognising this efforts is another step towards equality.

Birdwatching new website launch celebratory event

Birdwatching new website launch event invite

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BirdWatching is a socially driven, young organisation that connects, shares and recognises the work of female graphic designers.

The girls will be launching their new website and will be hosting a fun event on Friday, 16 July “in the heart of London’s creative nest.”

Second Floor – Netil House
1 Westgate Street
E8 3RL London

One of El Salvador's tropical birds' contribution

One of El Salvador's tropical birds' contribution